Alain FRAUD , la Troisième fesse le 27 avril 2019 dès l’aurore

Alain FRAUD dut composer dès sa naissance avec un atavisme multi- formes, la légende le tient pour chanceux.

Ainsi ses parents étaient épiciers, ils auraient pu être bouchers.

Il est né à la clinique des Catalans qu’ hantait l’humeur dadaïste de cette région rebelle. Il se fit marseillais dès son plus jeune âge.

Bon petit chrétien, il servit la messe où il y entendit secrètement la voix stridente d’Emmy Hennings, succube renculottée en Christ.

Il réchappa à tout cela et bien d’autres périls comme des relents de perversion de la catharsis que fut le mouvement dadaïste, assurément un grand chamboulement et un tout petit tour de carrousel révolutionnaire vu que celui de Bilbao était inachevé ‘por mañana’.

Sur cette couverture emballante qui sut se faire attendre, tout y est : le thème, le sujet, l’angle d’approche, la déconstruction, le ton.

Devant cette scénette hilarante qui pose son sujet, Bertold Bretch, opportunément décédé en 1956 rappelons-le, serait tué de rire aujourd’hui tant il est vrai que pour lui l’individu se limitait à un contenant, récipient symbolique, isolat de son voisin immédiat.

Il doit y avoir un tout petit peu de Bretch chez Alain FRAUD dans cette manière de nous faire plonger dans la nature humaine en nous plaçant sous le nez un miroir réfléchissant quelques difformités propres à faire réfléchir.

Vous aimerez ce « polar » s’exonérant des conventions du genre pour revendiquer sa filiation dadaïste aux parentés tellement savoureuses d’un univers endogame.

Il y a comme une jubilation de l’auteur à nettoyer, balayer, décaper le convenu vite reparti, et vous entraîner dans son imaginaire.

En cette époque d’abrutissement généralisé par les propagandes, par les technologies de communications qui sans faillir éloignent les gens les des autres, mais aussi par l’outrance des minorités beuglantes, par l’apathie permissive des populations infâmes parce que majoritairement industrieuses, notre époque manque cruellement de taraudeurs de l’insolente bêtise, de clairvoyants ayant su s’extraire du magma bien-pensant.

Ah que, comme le répète l’éternel Johnny Hallyday, les purs dadaïstes nous manquent aujourd’hui !

Assurément, Bertold Bretch vomirait de nouveau et avec délectation son théâtre engagé pour dénoncer les rejets puissants de ventres terriblement féconds.

Aujourd’hui, avec ‘La Troisième Fesse’ Alain Fraud réagit lui aussi avec un simple et plaisant « polar à l’eau de rose ». Les modestes doivent toujours être pris au sérieux.

Souvenons-nous de l’apparence naïve d’un Alfred Jarry qui avait osé son UBU ROI produisant à l’époque une déflagration lorsqu’il lançait au visage de ses contemporains un tonitruant et dévastateur: MERDRE!  Le succès ne fut pas immédiat, il faillit passer aux oubliettes des incompris.

Et cet écho du « MERDRE » primordial se répercute encore de mille et une manières. Il ne peut échapper à ceux qui pétris des avatars de la condition humaine au cours de ces deux derniers siècles, ont conservé cette sensibilité qui permet de se défier de l’évidence des apparences, bousculant des convenances mutantes pour le service de faux culs bloqués à deux fesses.

Petit livre peut devenir grand et… réciproquement d’ailleurs ; appelons cela les risques de la postérité du postérieur en l’occurrence.

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